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Stephen at Nov 10, 2023 02:14 PM

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a Philadelphie le 17 7bre 1782

Compte que j'ay rendu
au ministre du roy apres
notre naufrage dans
la baye de chesapeack

Un abordage avec La Cerés deux jours après notre sortie de la Rochelle
Des vents presque toujours contraires jusqu' a Tercere l'une des açores où
nous avons passé trois jours à la mer pour faire de l'eau; des vents encore plus
défavorable ou des calmes perpetuels jusqu'a la banlieu des Bermudes, Un
combat dans la nuit et la matinée du Cinq contre un vaisseau de 74 dont
Laigle et sa Conserve se sont démelés avec autant de Gloire que de Bonheur; Un
Attérage enfin après deux mois de traversée, à deux lieues des Caps de la Delaware
et dans le point indiqué par les instructions de la Cour; voila le précis des Evénéments
qui nous sont arrivés depuis notre Départ jusqu'au moment ou M. de la Touche,
qui attendoit à son mouillage dans la matinée du 13 le rétour d'un officier de
Confiance qu'il avoit envoyé à terre Dès le 12 au soir pour lui amener des
pilotes, à été forcé d'appareiller et d'entrer dans la Delaware sans pilotes et à
la vue de deux vaisseaux et de deux frégates angloises qui le chassoient toutes
voiles dehors et s'aprochoient de lui à vue d'oeil; mais ne voyant point
arriver l'officier qu'il avoit envoyé à terre et jugeant que sa chaloupe pouvoit
avoir été jettée à la Côte, ce qui malheureusement n'étoit que trop vrai, et qu'il
se trouvoit dans un passage sans issue, il ordonna au commandant de la Gloire
d'envoyer une chaloupe à terre avec un de ses officiers pour avoir des pilotes.
Il usa encore de son autorité pour forcer un pilote anglois qui connoissoit
parfaitement cette rivière, et qu'il avoit pris la veille sur un petit batiment
de la marine angloise, à lui faire passer les dangers dont il étoit environné.
mais comme il falloit s'elever beaucoup au vent pour rentrer dans le seul
chenal par lequel ces deux frégates auroient pu continuer leur marche sur
Philadelphie, et que cette manoeuvre ne pouvoit pas s'éxécuter sans passer
de très près sous le feu de deux vaisseaux et de deux frégates qui arrivoient
vent arrière pour le Combattre, il se décida alors à séchouer s'il etoit
suivi et à faire détruire les frégates de manière à ce que les anglois
ne pussent jamais s'en servir, à peine eut-il pris cette résolution que les
vaisseaux anglais mouillérent. M De la Touche en fit autant, et resta dans
dans cette situation pendant plus de quatre heures. L'officier de la


Translation

Philadelphia, 17 September 1782

Account which I gave to the King's minister after our shipwreck in Chesapeak Bay.

A boarding with the Ceres two days after our departure from La Rochelle. Winds almost always contrary until Terceira, one of the Azores, where we spent three days at sea to take on water; winds still more unfavourable or perpetual calms until the environs of the Bermudas; a battle in the night and morning of the 5th against a vessel of 74 guns from which the Aigle and her escort extricated themselves with as much glory as good fortune; an eventual landing after a two-month crossing, two leagues from the Capes of the Delaware and at the point indicated by the Court papers; that is the summary of the events which befell us from or departure up to the moment when M. de la Touche, who at anchor on the morning of the 13th was awaiting the return of a trusted officer whom he had sent ashore from the evening of the 12th to fetch him pilots, was forced to weigh anchor and to enter the Delaware without pilots and in view of two vessels and two English frigates who were pursuing him at full sail and were approaching within his sight; but seeing no sign at all of the arrival of the officer he had sent ashore, and judging that his boat could have been cast on the shore, which sadly was only too true, and that he was left with no way out, he ordered the commander of the Gloire to send a boat ashore with one of his officers to get some pilots. He further used his authority to compel an English pilot who knew this river perfectly, and whom he had captured the day before on a little boat of the English fleet, to get him through the dangers which surrounded him, but as he failed to get far enough up-wind to re-enter the single channel by which the two frigates had been able to continue their passage to Philadelphia, and as this manoeuvre could not be executed without passing very close under the fire of two vessels and two frigates which were on their way to attack him with the wind behind them, he therefore made up his mind to run aground if he was pursued, and to destroy the frigates in such a way that the English could never use them. Hardly had he made this decision, when the English vessels dropped anchor. M. de la Touche did the same, and remained in this situation for more than four hours. The officer of the

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a Philadelphie le 17 7bre 1782

Compte que j'ay rendu
au ministre du roy apres
notre naufrage dans
la baye de chesapeack

Un abordage avec La Cerés deux jours après notre sortie de la Rochelle
Des vents presque toujours contraires jusqu' a Tercere l'une des açores où
nous avons passé trois jours à la mer pour faire de l'eau; des vents encore plus
défavorable ou des calmes perpetuels jusqu'a la banlieu des Bermudes, Un
combat dans la nuit et la matinée du Cinq contre un vaisseau de 74 dont
Laigle et sa Conserve se sont démelés avec autant de Gloire que de Bonheur; Un
Attérage enfin après deux mois de traversée, à deux lieues des Caps de la Delaware
et dans le point indiqué par les instructions de la Cour; voila le précis des Evénéments
qui nous sont arrivés depuis notre Départ jusqu'au moment ou M. de la Touche,
qui attendoit à son mouillage dans la matinée du 13 le rétour d'un officier de
Confiance qu'il avoit envoyé à terre Dès le 12 au soir pour lui amener des
pilotes, à été forcé d'appareiller et d'entrer dans la Delaware sans pilotes et à
la vue de deux vaisseaux et de deux frégates angloises qui le chassoient toutes
voiles dehors et s'aprochoient de lui à vue d'oeil; mais ne voyant point
arriver l'officier qu'il avoit envoyé à terre et jugeant que sa chaloupe pouvoit
avoir été jettée à la Côte, ce qui malheureusement n'étoit que trop vrai, et qu'il
se trouvoit dans un passage sans issue, il ordonna au commandant de la Gloire
d'envoyer une chaloupe à terre avec un de ses officiers pour avoir des pilotes.
Il usa encore de son autorité pour forcer un pilote anglois qui connoissoit
parfaitement cette rivière, et qu'il avoit pris la veille sur un petit batiment
de la marine angloise, à lui faire passer les dangers dont il étoit environné.
mais comme il falloit s'elever beaucoup au vent pour rentrer dans le seul
chenal par lequel ces deux frégates auroient pu continuer leur marche sur
Philadelphie, et que cette manoeuvre ne pouvoit pas s'éxécuter sans passer
de très près sous le feu de deux vaisseaux et de deux frégates qui arrivoient
vent arrière pour le Combattre, il se décida alors à séchouer s'il etoit
suivi et à faire détruire les frégates de manière à ce que les anglois
ne pussent jamais s'en servir, à peine eut-il pris cette résolution que les
vaisseaux anglais mouillérent. M De la Touche en fit autant, et resta dans
dans cette situation pendant plus de quatre heures. L'officier de la


Translation

Philadelphia, 17 September 1782

Account which I gave to the King's minister after our shipwreck in Chesapeak Bay.

A boarding with the Ceres two days after our departure from La Rochelle. Winds almost always contrary until Terceira, one of the Azores, where we spent three days at sea to take on water; winds still more unfavourable or perpetual calms until the environs of the Bermudas; a battle in the night and morning of the 5th against a vessel of 74 from which the Aigle and her escort extricated themselves with as much glory as good fortune; an eventual landing after a two-month crossing, two leagues from the Capes of the Delaware and at the point indicated by the instructions of the [court?]; that is the summary of the events which befell us from or departure up to the moment when M. de la Touche, who at anchor on the morning of the 13th was awaiting the return of a trusted officer whom he had sent ashore from the evening of the 12th to fetch him pilots, was forced to cast off and to enter the Delaware without pilots and in view of two vessels and two English frigates who were pursuing him at full sail and were approaching within his sight; but seeing no sign at all of the arrival of the officer he had sent ashore, and judging that his boat could have been cast on the shore, which sadly was only too true, and that he was left with no way out, he ordered the commander of the Gloire to send a boat ashore with one of his officers to get some pilots. He further used his authority to compel an English pilot who knew this river perfectly, and whom he had captured the day before on a little boat of the English fleet, to get him through the dangers which surrounded him, but as he failed to get far enough up-wind to re-enter the single channel by which the two frigates had been able to continue their passage to Philadelphia, and as this manoeuvre could not be executed without passing very close under the fire of two vessels and two frigates which were on their way to attack him with the wind behind them, he therefore made up his mind to go aground if he was pursued, and to destroy the frigates in such a way that the English could never use them. Hardly had he made this decision, when the English vessels dropped anchor. M. de la Touche did the same, and remained in this situation for more than four hours. The officer of the