Manuscripts from the Walters Art Museum

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Walters Ms. W.199, Gossouin of Metz, Image du Monde

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qui est appelle abisme et terre de perdition. Autant vous dy je de celui lieu quil est plain de feu et dardant souf fre. Et est trop hydeulx et puant et plain dordure et de toute male adventure. Il est moult large en dedens et par embas est estroit. Tout che qui chiet la dedens font en une heure. Le souffre qui continuellement art et font destruit consume et ard tout. Ne ja riens ny aura finement quil ne arde tousjours sans fin Tousjours ard ades et tousjours renaist et ne poent nullement morir tout che que ladedens est mis. Car ce lieu est de nature que quant plus ard et plus dure lon guement. Che lieu denfer a en lui tous les maulz et de sa partie. Illec la mort tient son estandart qui envoie par tout le monde querre ceulx qui siens sont qui quen ait joie ne tritesses. laiens viennent tous les mauvaiz appors. Cel lieu a nom terre de mort Car les ames qui laendroit sont portees y demeurent a tousjours sans fin. Certes toutes y meurent en vivant. et tousjours vivent en morant. La mort si est leur mort et leur viande. La mort les tient ades en son commandement. Cest le droit estang du

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feu qui font. Et tout ainsi comme la pierre affonde de dens la mer lors quelle y est jettee et ne sera jamais ve ue. Ainsi y affondent les ames jusques au fons qui con tinuellement ardent et fondent mais pour tant ilz ne diminuent ne ne prende fin. Ainchois en telles mise res comperent leurs folies nuit et jour et ainsi feront perpetuellement et sans fin. Car quelconque chose qui soit espirituelle ne poeut jamais morir si quelle soit de tous poins morte. mais la mort les conforte incessanment Lame ne poeut jamais morir puis quelle est hors de son corps ains la convient tousjours languir Ne jamais de lors quelle est en enfer naura si non tout mal. Cest la contree et la terre doblivion. Car len oublie tout ceulx qui la sont. Aussi comme ilz oblierent en cest mon de celui leur createur qui est plain de pitie et de miseri corde. Et pour les a il mis en oubli si que jamais mer chi nauront ne misericorde. En celle terre tant te nebreuse hydeuse et plaine de toutes puanteurs et de doleur dangoisse de tritresses de fain et de soif. Ne jamais creature ny aura liesse ne joie. Che sont les terribles gehynnes puantes. Et est illec

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une terre si tres ardant et si angoisseuse que nostre feu au regart de sa chaleur envers celle due feu denfer nest que ung feu paint contre une paroit. en ardeur Illec sont les fleuves perilleux qui sont de feu et de glace tant hydeux et horribles et tant plain de venin et dor des bestes qui font si grant noise et si tresgrant moleste aux doloreuses ames qui sont en celui abis me mises quil nest creature qui racompter en sceust la centiesme partie. En terre a plente daultres lieux qui sont perilleux et horribles et en ya en la mer aussi bien que dedens la terre. Et en maintes ysles qui par la mer sont terribles de puanteur et de souffre ardant en grant feu qui trop sont peni bles. il ya pareillement daultres moult grant montaignes de souffre qui ardent nuit et jour ou maintes ames ont grant encombrer et ardent con tinuellement pour purgier leurs iniquitez et leurs maulx. Si vous poeut tresbien souffire a tant le parler de ceste matere. Car il nest creature nulle qui sceust racompter les grans tourmens et les inestimables paines que ung homme de malvaise

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vie rechoipt par ses demerites quant il est parti de che monde. Car il va tousjours de mal en piz. Si nous en tairons a tant pour le present et ores plus nen parlerons. Et veu que nous avons parle bien au long de lun des quatres elements cest de la terre. nous parlons apres du second. cest de leau qui tous jours court puis parlerons de lair et puis du feu chascun par droit ordre. Comment leaue court par LEaue si est la mer parfonde . la terre qui tout le monde advironne. Et de celle mer meuvent les fleuves qui courent par la terre. Et vont tant leurs cours qui reviennent arriere en la mer la dont ilz sont par tiz. Et ainsi s'en va la mer ades et continuellement tournoiant. Et faisant son cours en telle manie re que tant comme leau est plus legiere que la terre nest de tant se tient elle plus pres de la terre par dessus. Elle depart et devise les pays et se espant par toutes terres. elle sesqueule en la mer et sespant par les fleuves et va sourdant par la terre de lieu en aultre. et par vanies tout ainsi que le sang de

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homme s'en va par les vaines du corps et syst hors par aulcun lieu. Tout ainsi court leaue par les vai nes de la terre. Et sen sourt hors par les fontaines dont il advient par tout que quant len foeut en terre loings ou pres soit en montaigne ou en valee. len treuve eaue ou salee ou doulce ou daultre maniere. Com ment leaue doulche et salee voire TOutes chaulde et envenimee sourdent eaues viennent des mers et les doul ces et let salees quelles quelles soient toutes viennent de la mer et en la mer sen revont toutes. Sur quoy aulcuns pourroient demander puis que toutes les eaues viennent de la mer com ment se fait il que leaue doulce en vient. Ad che respont lun des aucteurs que leaue qui est a son cours par la doulche terre est doulce. Et devient doulce par la doulceur de la terre qui lui tolt la salive et son amertinne par la nature delle. Car leaue qui est sa lee et amere quant elle court par la doulce terre la doulceur de la terre retient son amertinne et sa sa live. et ainsi devient doulce leaue qui est salee et a

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mere. Aultres eaues sourdent ameres et noires que aulcunes gens boivent pour de leurs maladies gue rir en lieu de poisons lesquelles font moult grandes purgations a aulcunes gens souventeffoiz. Cest une eaue qui sourt noire et clere et court par la ter re qui est amere et noire. Si est plaine de pourre ture moult grande pour quoy len se puet donner grant merveille comment elle poeut estre saine au corps de lomme. En aultre lieu court eaue caul de si que len si eschaulderoit bien que len appelle ba ings naturelz. De telz baings a en la cite daiz en allemaigne et a plouneres labbaye qui siet en lo heraine. Et a aiz en gascongne a ung aultre. che procede pour che que dedens la terre a maintes caver nes qui sont chauldes et ardans comme feu. Et la terre a plente de vaines qui sont toutes plaines de souffre si en vient aulcunefoiz ung vent grant et froit lequel sen vient par leaue qui en sourt. et se deboutent si forment que le souffre sen esprend et ard aussi comme une fornaise tout ardant seroit Et leaue qui a son cours par ches vaines et par

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ches lieux devient aussi chaulde comme feu. Et sil advient que leaue saille par laendroit hors de la terre elle sen yst toute enflambee sourdant et tou boulant aussi comme ampoise. Mais dautant quelle sen court plus loings dillec de tant sourt elle moins chaulde et moins ardant. Et poeut courre si loings quen la fin elle redevient toute froide. Car il nest riens tant chauld qui ne re froide fors seulement le feu denfer qui continuel lement ard et ardera sans fin. Dedens la terre a plente daultres lieux qui sont tous plains de or des bestes venineuses. tellement que leaue qui vient par illec endevient toute venineuse et sourt en aulcuns lieux sur terre. mais qui en va boire va querant sa mort. Des diverses fontaines PLente qui sourdent sus la Terre de fontaines sont ailleurs qui moult souvent muent leurs couleurs et aul tres dont il vient miracles. Mais len ne scet pas bien dont che procede. En la terre de samarie en a une qui se change et differe de couleurs par

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quatre foiz en lan. Elle est premierement verde et apres che change en sanguine et puis devient tourble Et apres tout che elle devient clere et nette et tres fine si que len se delite en la regarder mais personne nen oze boire. En celle a ancores une aultre fontaine qui sourt la sepmaine trois jours ou quatre bonne et saine. et les aultres trois jours ne sourt point ainchois se tient toute seche. Il ya pareillement ung bien grant fleuve qui court par .vi. jours en la sepmaine et au samedi il ne court point. Car lors que le samedi ap proche il se reboute en terre. Vers acre la city ya u ne maniere de sablon et y est trouve dune glaire de mer que len mesle avec pour le alyer ensamble et ches deux mestions rendent voire bon et cler En egip te est la rouge mer ou les enfans de ysrael la passerent oultre a seche terre pour venir en la terre sainte. cel le mer prend son nom de la terre. Car elle est toute rouge au fons et alentour aux rives. si que leaue de celle mer en est toute rouge. En perse a ung fleu ve long et large qui est de nuit si engele que les gens y poevent bien aler a piet et le traverser et de jour

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est cler et courant. Il ya en espire une fontaine dont la matere est tant merveilleuse que len y estaint brandons de fer tous ardans et puis les y ralume len arriere. En ethiope en a une aultre qui de nuit a si grant chaleur que creature ne pourroit lores point boire et de jour elle est tant froide que len y engele tout roide. En loheraine pres de mez la cite a une eaue qui court ades. laquelle len cuist en grandes paielles darain et devient sel bel et bo[n et furnist celle eaue tout le pays de sel. Et sourt celle eaue dun puis seant pres dillec que len appel le le puis david. Celle part a daultres fontaines qui sont tant chauldes que len si brulle tout. Et en celle meisme place en sourt daultres qui sont aussi froides comme glace. Illec sont les baings tous attemprez et meslez de froide eaue et de chaul de. Et ceulx qui en yceulx baings se baignent leur charnure en devient tout saine. Ancores ya daultres fontaines fort noires qui les gens tiennent pour moult saines. et en vont boire en lieu de poisons et medicines et en font souventeffoiz grandes

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purgations et trop plus grandes que dune bien forte medicine que len prend pour medichiner Une aultre fontaine a devers orient dont len fait feu gregoiz avec aultres mestions que len y met lequel feu quant il est espris est si chault que len ne le poeut estaindre deaue fors daisil dorine ou de sablon tant seulement. Les sa rasins vendent celle eaue moult chierement plus que len ne fait bon vin. Aultres fontaines sourdent en moult daultres lieux qui guerissent du mal des yeulx et de plente de plaies. Aultres fontaines sont qui a lomme rendent sa memore. aultres oublianche. aul tres qui refrainguent luxure. aultres qui lengressent et esmeuvent. aultres qui font enfans porter aux fem mes qui lunz nen ont. Et aultres qui les font brehai gnes si quelles nen poevent nulz porter Il est aulcuns fleuves qui font les brebis noires. et daultres en est qui les font aussi blanches comme liz. Daultre part sont moult destangs ou nulle rien qui soit ne poet na gier ne homme ne chien ne aultre beste que tantost ne sen aylle au fons. Il en est daultres ou nulle rien ne poeut effondrer. Ainchois flote continuellement

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